Publié le 13 janvier 2026

Discours des voeux

Mesdames, Messieurs,
Chères concitoyennes, chers concitoyens,
Chers amis,

En ce début d’année, je veux vous adresser des vœux chaleureux, lucides, mais profondément déterminés et sincères. 

Des vœux de santé et de paix, bien sûr, mais aussi des vœux de vigilance et de courage collectif. 

Car notre époque est traversée par des crises multiples, mais je veux le dire ce soir clairement : je refuse le discours de certains oiseaux de mauvais augure, ces Cassandre qui voudraient que la France soit en déclin

Je refuse ce discours de renoncement qui affaiblit la confiance et nourrit les peurs. 

Le déclinisme est une impasse ; 

l’action et l’unité sont notre réponse.

C’est vrai…Le monde est entré dans une nouvelle ère de tensions géostratégiques, où les conflits ne se limitent plus aux champs de bataille. 

La guerre d’agression menée contre l’Ukraine se poursuit aux portes de l’Europe, rappelant que la paix n’est jamais acquise. C’est pourquoi, j’ai indiqué au Premier Ministre lors de mon intervention dans le cadre du débat 50-1 à la tribune de l’Assemblée que je continuerai à être attentive, avec l’ensemble des députés de mon groupe politique, et avec l’ensemble de ceux qui veulent une paix durable et respectueuse de l’Ukraine et des ukrainiens, au maintien des crédits dédiés à l’aide à l’Ukraine qui sont en diminution dans le projet de loi de finance 2026. 

Au Venezuela, la crise politique et démocratique plonge une population entière dans l’incertitude et l’exil. 

Nous venons d’assister, ces derniers jours, à des événements graves au Venezuela. Je le dis avec la plus grande netteté : nous condamnons avec fermeté l’opération militaire conduite par les États-Unis. L’arrestation de Nicolás Maduro par une puissance étrangère, sous le faux nez de la lutte contre le narcotrafic, est une violation du droit international. Les États-Unis ne peuvent pas renouer avec leurs vieux démons et considérer l’Amérique Latine comme leur « arrière-cour ». La démocratie ne s’exporte pas à la pointe des baïonnettes. Mais notre morale nous interdit aussi toute complaisance. Dénoncer le coup de force de Donald Trump, ce n’est pas absoudre le régime de Caracas. Nous n’oublions pas le vol de l’élection de juillet 2024, ni la répression féroce qui a suivi. La seule voie juste, c’est celle du droit : c’est à l’ONU d’intervenir pour aider ce peuple et créer les conditions d’élections libres. C’est aux Vénézuéliens de choisir leur destin, pas aux armées étrangères.

En Iran, des femmes et des hommes continuent de manifester, au péril de leur liberté et de leur vie, pour des droits fondamentaux que nous tenons trop souvent pour acquis.

En Asie, les tensions autour de Taïwan, la politique de plus en plus autoritaire menée par la Chine, et la remise en cause des libertés publiques interrogent l’équilibre mondial et la stabilité régionale. 

Partout, des peuples aspirent à la démocratie, pendant que d’autres cherchent à l’étouffer.

À ces conflits s’ajoutent des menaces sécuritaires durables, avec notamment la reconstitution de foyers de l’État islamique, qui nous rappellent que le terrorisme n’a pas disparu, qu’il se transforme, et qu’il continue de viser nos valeurs autant que nos sociétés ouvertes.

Mais la guerre aujourd’hui ne se mène pas seulement avec des armes. 

Vous le savez désormais, elle prend aussi des formes plus insidieuses : guerres hybrides, manipulations de l’information, campagnes de désinformation, tentatives d’ingérence étrangère, piratages cyber…et d’autres inventées chaque jour

Mais toujours, l’objectif de nos « compétiteurs » est clair : saper les fondements de nos démocraties, diviser nos sociétés, affaiblir la confiance dans la parole publique et dans les institutions.

Défendre la démocratie, ce n’est pas seulement protéger nos frontières ; c’est aussi protéger la vérité, l’esprit critique, la liberté d’informer, et l’indépendance de nos institutions. 

C’est un combat silencieux, mais décisif.

Dans ce contexte instable, la France doit rester fidèle à ce qu’elle est : une Nation qui défend le droit international, la paix, la souveraineté des peuples et une Europe forte, protectrice et indépendante. 

Ce cap est exigeant, mais il est indispensable.

Dans ce monde où les crises s’accélèrent et se superposent, où le recours à la force est de plus en plus désinhibé, où le droit international ne suffit plus à garantir l’équilibre, où les enjeux climatiques, énergétiques, commerciaux s’additionnent, notre position ne souffre aucune ambiguïté : nous voulons la paix, une paix qui garantisse la liberté des peuples, une paix qui protège les démocraties partout dans le monde. 

Et la France doit faire preuve de fermeté et de lucidité dans ces moments, comme elle a toujours su le faire quand elle a rendez-vous avec l’Histoire. 

Cette réalité internationale – pour le moins morose et anxiogène pour beaucoup de nos concitoyens – se conjugue avec une instabilité politique nationale profonde, …ais-je besoin de détailler ?! …. 

OUI…Notre pays traverse une période de tensions démocratiques, c’est un constat…mais je veux le dire avec force : l’instabilité ne doit jamais conduire à l’impuissance. 

Elle doit, au contraire, nous obliger à plus de responsabilité, plus de clarté, plus de respect du débat démocratique.

Parmi les priorités que je continuerai à défendre cette année 2026, il y a d’abord le pouvoir d’achat

Trop de nos concitoyens travaillent dur sans parvenir à vivre dignement de leur travail. 

Refuser le déclassement social, c’est revaloriser les salaires, protéger les revenus face à l’inflation, garantir l’accès au logement et préserver les services publics du quotidien. 

Cette question majeure du pouvoir d’achat va de pair, et est même indissociable, de celle du logement. Aujourd’hui, pour trop de familles, le logement est devenu le premier facteur de précarité : loyers trop élevés, difficultés d’accès, rénovation énergétique coûteuse. Le droit à un logement digne est un pilier de la dignité humaine et de la cohésion nationale.

C’est pourquoi je défends avec force les politiques de rénovation urbaine et de mixité sociale, notamment à travers l’ANRU où je siège au Conseil d’Administration pour représenter l’AN, l’ANRU qui permet de transformer des quartiers entiers, d’améliorer le cadre de vie, de désenclaver, de recréer de la confiance et de l’égalité territoriale. 

Investir dans le logement, ce n’est pas construire du béton : c’est construire de la République.

La justice est un pilier de la cohésion démocratique. Et…C’est le sens premier de nos débats dans le cadre du PLFSS et du PLF, actuellement en cours de discussion à l’Assemblée.

Il y a également la santé et la protection sociale, au cœur de notre pacte républicain. 

L’accès aux soins, la force de notre Sécurité sociale, la prise en charge de la dépendance, la reconnaissance des soignants ne sont pas des coûts, mais des investissements. Une société qui protège est une société plus forte, plus résiliente, et moins vulnérable aux discours de fracture et de manipulation. C’est ce que nous avons défendu lors des débats du PLFSS, en commission puis en séance, lors de nombreuses et tardives séances et en votant en faveur de ce budget de la Sécurité Sociale dans lequel nous avons pu préserver l’essentiel et obtenir la suspension de la réforme des retraites et la relance d’un vrai débat, qui ne soit pas tronqué, sur ce sujet.

Il y a encore la croissance de nos entreprises, notamment des PME, des artisans, des commerçants et des entrepreneurs qui font vivre nos territoires. 

Là encore, refusons le discours du déclin. 

La France a des talents, des savoir-faire, une capacité d’innovation exceptionnelle. Soutenir l’économie réelle, investir dans la recherche, accompagner les transitions sans brutalité, c’est consolider notre souveraineté économique.

Je veux également saluer et soutenir le monde associatif, trop souvent fragilisé. Les associations sont en première ligne face à la précarité, à l’isolement, à la perte de repères. Elles sont aussi des lieux d’apprentissage du débat, de l’engagement et de la citoyenneté. Les soutenir, c’est renforcer le tissu démocratique de notre pays.

C’est dans cet esprit que je porte des engagements législatifs clairs. Je n’en citerai que deux ce soir :

D’abord, celui du financement pérenne de la recherche sur les cancers pédiatriques et les maladies rares. Parce que la vie d’un enfant n’est jamais une variable d’ajustement budgétaire. Parce qu’investir dans la science, c’est refuser le fatalisme et choisir l’avenir.

C’est la première cause de décès par maladie chez l’enfant, et pourtant, les traitements manquent cruellement car ce n’est pas assez « rentable » pour les laboratoires. C’est une injustice insupportable.

Ensuite, celui de la réforme de notre mode de scrutin, avec l’introduction d’une dose de proportionnelle. Une démocratie qui représente mieux est une démocratie plus forte face aux tentatives de manipulation et de déstabilisation. La confiance démocratique est notre meilleure protection contre les ingérences étrangères.

En ce début d’année, je veux ré-affirmer une conviction forte et tordre le cou à des idées populistes et simplistes : la France ne décline pas, elle résiste et elle se réinvente

À condition de refuser les discours de peur, à condition de combattre la désinformation, de défendre l’État de Droit et de faire confiance à l’intelligence collective.

Je suis et serai toujours une députée révoltée par les injustices, vigilante face aux menaces contre la démocratie, et profondément rassembleuse dans l’action.

Pour 2026, je forme le vœu que nous restions ce peuple debout, solidaire, qui refuse la fatalité.

Je vous souhaite une année de lucidité face aux manipulations, une belle année de solidarité face aux crises, et d’espérance active pour notre avenir commun.

Très belle année 2026 à toutes et à tous.