Publié le 10 février 2026

Journée internationale pour un Internet plus sûr : faire de l’esprit critique notre meilleure protection

En ce 10 février, la Journée internationale pour un Internet plus sûr nous invite à interroger nos usages numériques et notre rapport à l’information. Les actions de prévention se concentrent généralement, et à juste titre, sur les dangers liés à la surexposition aux écrans, qui peut affecter la concentration et les capacités d’apprentissage des enfants, ou encore sur les risques de cyberharcèlement auxquels les jeunes sont particulièrement exposés sur les réseaux sociaux. De même, de mauvaises pratiques et des comportements dangereux sont souvent prônés par le biais des plateformes accessibles en ligne (Tiktok, Instagram), et la prévention s’axe également sur ce point, pouvant, dans certains cas, présenter un danger pour la vie du jeune. Ces enjeux sont essentiels, et nécessitent assurément une mobilisation constante pour protéger les plus vulnérables.

Toutefois, au-delà des risques bien identifiés, un autre défi majeur et bien plus sournois traverse aujourd’hui nos sociétés numériques, nous concernant toutes et tous : celui du tri de l’information. À l’ère des réseaux sociaux, l’instantanéité et la vitalité sont de mise, un terreau particulièrement fertile pour la circulation massive de fausses informations, de contenus manipulés ou trompeurs, souvent dans le but de fragiliser le débat public. Là où Internet est devenu un formidable outil d’accès au savoir, il est aussi devenu un terrain propice à la désinformation, aux tentatives d’ingérences étrangères et aux théories complotistes.

Face à cela, notre meilleure protection ne réside pas uniquement dans des logiciels de contrôle, des filtres ou des dispositifs techniques. Elle repose avant tout sur un rempart fondamental dont on dispose toutes et tous : notre esprit critique. Il s’agit alors d’apprendre, dès le plus jeune âge, à vérifier une source, à croiser les informations, à questionner les éléments lus et visionnés… ce, tout en veillant à déceler les biais et intentions sous-jacentes derrière tout contenu publié sur la toile. Notre capacité à douter intelligemment constitue notre véritable sécurité numérique de demain, et elle est, semble-t-il, la plus sûre.

C’est pourquoi l’éducation aux médias et à l’information doit être une priorité absolue, afin d’assurer aux jeunes comme aux adultes de naviguer sur Internet l’esprit libre, éclairé et autonome. Former des citoyens capables de comprendre le monde numérique, c’est aussi leur donner les clés pour s’y engager de manière responsable et éclairée.

De toute évidence, cette responsabilité nous incombe aussi à nous, adultes, quels que soient notre âge ou notre niveau de maîtrise du numérique, car nul n’est à l’abri de la désinformation. Il s’agit de remettre en question nos propres pratiques, en les faisant évoluer afin de nous prémunir de toute tentative de manipulation de l’information. Cet effort est collectif, et indispensable : il nous appelle à ralentir face à l’information immédiate.

Faire d’Internet un espace plus sûr est donc un travail de fond, continu, qui engage l’ensemble de la société : familles, école, institutions, médias et citoyens. En développant une culture commune de l’esprit critique et de la vigilance informationnelle, nous renforçons non seulement notre sécurité numérique, mais aussi la solidité de notre démocratie.

Crédits photo : Image de rawpixel.com sur Freepik