Souveraineté du Groenland : la France et l’Europe unies pour le respect du droit international
Pourquoi le Groenland est-il un territoire autonome du Danemark ?
Au Xᵉ siècle, les peuples norvégiens et danois s’installent dans le sud d’une île, alors baptisé « Groenland », littéralement « terre verte » et y fondent des colonies. À partir de 1262, le Groenland est sous le contrôle de la couronne norvégienne et c’est au XVIIIᵉ siècle, que le royaume du Danemark et de Norvège établit sa souveraineté sur le Groenland en tant que colonie. Lors de la scission entre la Norvège et le Danemark en 1814, ce dernier garde le Groenland qui devient une colonie danoise jusqu’en 1953.
Depuis un référendum mené en 2008 au cours duquel ses habitants se sont largement exprimés en faveur d’un nouveau régime, l’île bénéficie, alors, d’un régime autonome et est dirigée par le Premier ministre du Groenland, Jens Frederik Nielsen.
Le gouvernement est composé de 31 sièges renouvelés tous les 4 ans, dont les élus sont issus des formations politiques de l’île.
Les élus groenlandais prennent aujourd’hui les décisions dans de nombreux domaines notamment le contrôle des ressources naturelles comme le pétrole, le gaz ou les minerais, à l’exception de la politique étrangère, la défense et la monnaie qui reste sous contrôle du Danemark.
Ainsi, l’île en tant que territoire constitutif du Danemark est un territoire d’outre-mer associé à l’Union européenne, mais également un territoire de l’OTAN.
Des ambitions trumpiennes sur le Groenland formulées dès 2019.
À la fin de son premier mandat en 2019, celui-ci avait publiquement évoqué l’idée de racheter ou d’« obtenir » le Groenland. Ce qui avait provoqué une première crise diplomatique avec le Danemark.
Peu après sa réélection fin 2024, Trump évoquait de nouveau son désir de l’annexer : « Nous devons faire en sorte que le Groenland rejoigne les États-Unis. Ce serait formidable pour lui, formidable pour nous ! Faisons-le ! », écrivait-il le 10 janvier 2025 sur X. Dans la foulée, son fils Donald Trump Jr. se rendait sur place pour distribuer des casquettes rouges siglées Make America Great Again.
Aux yeux des européens, si les déclarations concernant le Groenland ont évidemment provoqué un grand nombre de réactions en soutien au Danemark et au peuple groenlandais. La situation s’est largement acceléré en ce début d’année 2026.
En effet, peu de temps après l’intervention américaine au Venezuela, Donald Trump a réitéré ses menaces sur le Groenland : « Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s’en occuper ». « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans vingt jours ». Suite à ces déclarations du 4 janvier 2026, une rencontre à Washington entre responsables américains, danois et groenlandais le 14 janvier 2026 a débouché sur un constat de «désaccord fondamental». La première ministre danoise a déclaré que l’ambition américaine sur le Groenland « est intacte ».
Le mercredi 21 janvier 2026 au Forum Économique Mondial, D. Trump a annoncé qu’il excluait l’usage de la force pour s’emparer du Groenland tout en réaffirmant son souhait de voir le Groenland passé sous contrôle américain. S’il s’agit effectivement d’un signe de désescalade, l’heure reste à la vigilance tant la situation reste évidemment préoccupante quant à la souveraineté et l’indépendance des nations européennes.
Pourquoi le Groenland est-il convoité ?
Deux raisons principales expliquent la place géopolitique particulière du Groenland depuis le début de la Guerre froide. La position géographique et les ressources naturelles.
Le Groenland est au cœur d’un espace maritime qui représente un intérêt croissant pour le transport naval et pour le commerce au fur et à mesure de la fonte des glaces. C’est une terre qui revêt une importance particulière du point de vue militaire notamment parce que c’est une sorte de station radar avancée pour détecter les lancements de missiles et autres menaces venus de Russie voire de Chine qui viserait le continent américain et traverserait l’Arctique.
Il y a toute une série de ressources importantes au Groenland, l’Union Européenne a relevé que 25 des 34 matériaux critiques nécessaires aux technologies et à transmission écologique sont présents au Groenland. On y trouve des terres rares indispensables pour la transition énergétique et les hautes technologies (c’est un sujet majeur notamment parce que les Etats-Unis sont très dépendantes de Taiwan en la matière.). Il y a également de l’Uranium et des zones d’explorations pour les hydrocarbures.
La France s’engage pour la souveraineté du Danemark et le peuple groenlandais.
Le 14 janvier au soir, Emmanuel Macron a annoncé l’envoi d’un petit détachement de 15 militaires français qui sera renforcé dans les prochaines jours dans le cadre d’une opération européenne au Groenland. Cette initiative répond à une sollicitation du Danemark et s’inscrit dans une dynamique multilatérale visant à préserver la souveraineté, le respect du droit international et la stabilité dans la région arctique.
Face à la montée des tensions et aux menaces externes, la France affirme sa détermination à soutenir, en coordination avec ses partenaires européens, la sécurité de l’Arctique et l’intégrité territoriale du Groenland. Tout en respectant la souveraineté et l’autodétermination des Groenlandais, Paris participe à ce déploiement à des fins exclusivement défensives et proportionnées, dans le but de prévenir toute nouvelle violation du droit international.
La France insiste sur l’importance de la solidarité européenne, du respect du droit et de la recherche d’une réponse collective et mesurée, laissant ouverte la possibilité d’adopter des mesures graduées si la situation venait à s’aggraver. Elle réaffirme également son attachement aux liens d’amitié avec le Danemark et le Groenland, ainsi que son engagement à défendre le rôle et la crédibilité de l’Europe sur la scène internationale.
Le Parti Socialiste condamne les déclarations de D.Trump et défend le droit à l’autodétermination des peuples.
Le Parti socialiste condamne fermement les récentes déclarations américaines sur la souveraineté du Groenland, qu’il considère comme une remise en cause du droit international et de l’autodétermination des peuples. Le PS réaffirme le caractère inacceptable de toute tentative de prédation ou de transaction stratégique sur ce territoire, et soutient la légitimité du peuple groenlandais à décider librement de son avenir, dans le respect du cadre juridique existant.
Face aux menaces et aux ingérences extérieures, le PS appelle à une réponse collective, européenne et multilatérale, fondée sur le respect des frontières et des principes démocratiques. Il soutient l’initiative de dialogues et d’actions communes avec les forces progressistes européennes et internationales, notamment via des échanges avec les dirigeants socialistes et les ambassadeurs des pays nordiques.
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